Dix régions italiennes demandent un référendum pour empêcher le gouvernement de faciliter les forages pétroliers en mer. Il Manifesto se félicite de cette initiative écologique, tandis qu’Il Sole-24 Ore la trouve inconséquente et populiste.
Parce qu’il ne veulent pas que leur pays devienne celui “des forages”, les représentants de 10 conseils régionaux ont joint leurs efforts à plus de 200 associations, dont le collectif NoTriv, pour lancer une action auprès de la cour de cassation le 30 septembre. L’objectif : demander un référendum sur plusieurs textes qui s’inscrivent dans des réformes destinées développer l’économie italienne, dont son secteur économique.
Parmi les articles qu’il s’agit d’abroger, l’un propose de revenir sur l’interdiction de placer un puits de pétrole à moins de 12 milles des côtes, l’autre de confier à l’Etat central plutôt qu’aux administrations locales des compétences énergétiques.
Le pétrole n’apporte pas toujours le bonheur
L’initative a toutes les faveurs du quotidien communiste Il Manifesto, qui rappelle en titre qu’il s’agit de “Mare nostro”, “notre mer”, en référence à l’expression latine Mare nostrum.
Si la demande de référendum est validée, il s’agira d’un précédent symbolique, se réjouit un militant interrogé par Il Manifesto : on soumettra la politique énergétique aux décisions des citoyens. En outre, souligne le quotidien, le Premier ministre sera en décembre à la COP21, la conférence sur le climat de Paris. “Qu’y dira-t-il ? Que l’Italie mise sur ses risibles ressources d’hydrocarbures, jusqu’à la dernière goutte ?”
Le dernier refuge du globe menacé
Tout autre écho de la part du journal économique Il Sole-24 Ore, qui craint que ce référendum ne “donne libre cours aux peurs les plus viscérales des Italiens […] sans offrir de véritable bénéfice pour l’environnement ou un modèle alternatif de développement”. Il Sole explique que, “malheureusement, les voitures continueront à utiliser du carburant pendant de nombreuses années”.
Mieux vaut dès lors, ajoute le journal, que ce soit du pétrole ou du gaz produits dans le territoire national, car ils sont plus contrôlés, génèrent des royalties et ne doivent pas être acheminés. Ils permettent de réduire le risque de marée noire et la pollution occasionnée par le transport. Et d’estimer, enfin que le référendum aurait peu, voire pas de conséquences sur les nombreux forages déjà autorisés.
Source © courrier international

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