lundi 5 octobre 2015

05/10/2015...France, Flandre française: Les frênes de la forêt de Nieppe sont en voie d’extinction

Chalarose. Le nom de ce champignon ne vous évoque peut-être rien. Pourtant, il risque de causer la quasi-extinction des frênes dans la forêt de Nieppe. 

Le mal incurable provoque un dépérissement progressif de ces arbres. L’Office national des forêts réfléchit aux moyens de contrecarrer ce phénomène d’ampleur.

Les frênes de la forêt de Nieppe sont-ils amenés à tous disparaître ? Il s’agit d’une « grosse crainte » de l’Office national des forêts (ONF) alors que le chalarose, un champignon parasitaire, frappe de plein fouet cette essence. « Les premiers cas ici ont été détectés en 2009 mais on pense que les premières contaminations ont pu débuter en 2007 », explique Bruno Dermaux, chef de projet biodiversité pour l’ONF.

Une fois que la chalarose attaque un arbre, ce dernier entame une lente agonie (lire ci-dessous) et meurt dans les cinq à dix années qui suivent. Tout peut aller beaucoup plus vite pour les semis plus fragiles. « Le champignon, invisible à l’œil nu, s’attaque aux feuilles qui flétrissent. L’arbre compense donc par la production de rameaux. La meilleure période pour observer le phénomène reste le printemps. À cette époque les traces sur les feuilles sont peu visibles puisqu’elles commencent déjà à tomber », détaille Bruno Dermaux.

Trouver d’autres essences

Le phénomène, incurable, pourrait transformer le paysage de la forêt de Nieppe qui s’étend sur 2 500 hectares. Le frêne la compose en effet à hauteur de 20 %. « Pour le moment, on coupe uniquement les frênes touchés à 50 %. Pour les autres, on ne se précipite pas puisque 1 % des frênes résiste au champignon sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Mais on pourra peut-être, à partir de ceux-là, reconstituer une population ».

Aujourd’hui, le défi qui se présente à l’ONF et à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), est de trouver d’autres essences qui pourront, à l’avenir, remplacer le frêne dans la forêt de Nieppe. Le chêne, l’aulne et le bouleau sont celles pressenties pour le moment.

« Mais au total, ce sont 500 hectares qu’il faudra renouveler. Ce qui implique que la forêt sera clairsemée pendant 20 ou 25 ans », lance Bruno Dermaux avant d’ajouter qu’il n’est, dès aujourd’hui, plus possible de compter sur le frêne pour constituer des peuplements forestiers. « L’avenir d’une forêt se pense 100 ans en avance, si on se trompe, les dégâts peuvent être énormes ».

Pour autant, le chef de projet pour l’ONF s’interdit, à ce jour, d’être alarmiste. « Nous avons d’autres cas de champignons qui permettent de relativiser. La graphiose, par exemple, a fait disparaître l’orme des paysages forestiers mais n’a pas détruit l’espèce. Je suis plutôt optimiste sur la façon dont les choses vont évoluer sur le long terme. On garde l’espoir de constituer une nouvelle population de frênes et dans tous les cas la forêt de Nieppe ne disparaîtra pas. La forêt revient toujours ! »



Source © la voix du nord
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