Quelque 3 300 décès supplémentaires ont été enregistrés lors des « trois épisodes caniculaires » observés en France durant l’été 2015, a annoncé, vendredi 9 octobre, l’Institut de veille sanitaire (InVS), soit une hausse de la mortalité de 6,5 % sur la période allant du 29 juin au 9 août.
L’InVS a relevé une hausse de la mortalité pour les pathologies en lien avec la chaleur – hyperthermie ou coup de chaleur, déshydratation et hyponatrémie (trop faible concentration de sel de sodium dans le sang) – « dans toutes les régions » touchées par les fortes chaleurs.
Impact « important » sur le système de soin
L’Institut ajoute toutefois que durant « ces trois épisodes caniculaires, les excès de mortalité estimés ne peuvent être imputés entièrement à la chaleur ». Et « il n’est pas possible à ce jour » d’évaluer précisément la part imputable aux grandes chaleurs dans les morts supplémentaires.
La canicule a eu un impact « important » sur le système de soin, note par ailleurs l’organisme, qui a enregistré « une augmentation des recours aux soins d’urgence pour pathologies liées à la chaleur ».
La grande canicule d’août 2003 avait entraîné 15 000 décès supplémentaires, soit une augmentation de 55 % par rapport à la moyenne des décès à cette période, hors canicule.
A quelles températures peut-on parler de « canicule » ?
Par définition, on parle de canicule lorsque les températures observées sont élevées jour et nuit pendant trois jours d’affilée. « Plus il fait chaud le jour, plus on fatigue. Plus il fait chaud la nuit, moins on récupère », explique Météo France.
L’organisme météorologique a déterminé des seuils d’alerte à partir de trente années de données quotidiennes de mortalité et de différents indicateurs météorologiques. Il les compare à des indicateurs biométéorologiques calculés à partir des températures minimales et maximales quotidiennes, en fonction de ses prévisions.
Les diverses régions de France étant plus ou moins habituées et donc adaptées à la chaleur, les seuils d’alertes ne sont pas les mêmes partout.
Ainsi, Météo France estime que la canicule sera avérée dans les Deux-Sèvres lorsque des températures minimales de 35 °C le jour et 20 °C la nuit seront observées. La Haute-Loire, elle, sera considérée en canicule lorsque les températures dépasseront 32 °C le jour et 18 °C la nuit. A Paris, ces seuils sont de 31 °C le jour et 21 °C la nuit, ou encore à Marseille de 35 °C le jour et 24 °C la nuit.

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