mardi 20 octobre 2015

20/10/2015...Santé en France: «Il y a une explosion des pubertés précoces liée aux perturbateurs endocriniens»

Depuis vingt ans, Charles Sultan alerte les pouvoirs publics sur l’impact néfaste des perturbateurs endocriniens sur notre santé. Le travail de recherche du professeur du CHRU de Montpellier, spécialiste français dans ce domaine, a fait le tour du monde. 

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

C’est une substance chimique, qui est créée par l’Homme, et qui est capable d’interagir avec les hormones : on peut citer les pesticides, les plastiques, tel que le bisphénol, les OGM, les métaux lourds ou les hormones femelles, que l’on trouve dans l’eau des rivières, qui relèvent des prescriptions de la ménopause ou de la contraception.

Quels peuvent être les effets sur l’Homme, notamment les enfants ?

L’exposition à un ou plusieurs perturbateurs peut avoir de multiples conséquences. Il peut y avoir, à la naissance, des malformations génitales du bébé, comme des micro-pénis chez les garçons. Chez les filles, nous assistons à une explosion des pubertés précoces, avec des cas de plus en plus fréquents d’apparition de la poitrine dès l’âge de 4 ou 5 ans. En Languedoc-Roussillon, les demandes de consultations médicales pour des pubertés précoces ont été multipliées par 10 en vingt ans. 

Il y a aussi un effet sur la croissance fétale : l’enfant peut naître très petit.

Et sur le long-terme ?

Les perturbateurs endocriniens ont un impact non négligeable sur le système nerveux, avec des enfants qui deviendront hyperactifs, par exemple. Il faut aussi signaler qu’il y a une accumulation de preuves qui démontrent qu’ils ont aussi un effet sur l’obésité. Et non seulement ces substances impactent le fœtus, mais elles perturbent également le devenir de l’adulte. Peut-être même sur plusieurs générations.

Trouvez-vous que les pouvoirs publics n’agissent pas assez ?

C’est évident. C’est très grave, il faut agir. Il y a d’un côté une prise de conscience émanant des citoyens, des professionnels de santé et de certains politiques. Mais d’un autre côté, tandis que le Grenelle de l’environnement avait promis une baisse de l’utilisation de pesticides de 50 % en 2016, leur production augmentait de 11 % en 2014.


Source © 20 minutes
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