Le communiqué de presse envoyé par le Service cantonal de l’air pourrait être une invitation à une séance de luminothérapie ou un aller simple pour le téléphérique du Salève. On y apprend que les particules fines libérées par les chauffages à bois et les moteurs à combustion s’accumulent en hiver dans les couches d’air froid piégées sous le stratus, générant alors «des effets indésirables sur la santé».
Par exemple? Des crises d’asthme, une diminution des fonctions respiratoires, des inflammations ou encore des troubles cardio-vasculaires. «Dans les cas les plus graves, ils peuvent aller jusqu’à nécessiter une hospitalisation ou induire des décès prématurés», précise le communiqué. Nous voilà rassurés! Et pas question de se remonter le moral en allumant un bon feu de cheminée. L’Etat incite les habitants à renoncer aux feux de «confort» pour éviter d’aggraver la situation.
L’hiver genevois s’annonce-t-il donc si morose que cela? Non, car les pics de pollution restent pour l’heure exceptionnels. Questionné l’année passée sur le sujet, Philippe Royer, directeur du Service de l’air, annonçait entre zéro et dix dépassements des normes par an, alors même que le seuil d’alerte venait d’être abaissé. Depuis la fin de 2014, le premier niveau de prévention a ainsi été fixé à 50 – au lieu de 75 – microgrammes de concentration de particules fines par mètre cube d’air. Si ce taux est atteint dans deux stations du canton durant deux jours consécutifs, la vitesse sur l’autoroute de contournement est immédiatement limitée à 80 km/h au lieu de 100.
Durant ces épisodes de pollution, il est recommandé aux enfants en bas âge et aux personnes souffrant de maladies cardiaques ou respiratoires d’éviter les efforts physiques intenses à l’extérieur.
Si la concentration de particules fines dépasse 100 microgrammes par mètre cube, d’autres mesures plus contraignantes peuvent être instaurées par le Canton, par exemple l’interdiction de tous les feux de plein air et de l’utilisation de certaines machines de chantiers, voire l’introduction de la circulation alternée lors des épisodes les plus graves.
Source © Tribune de Genève

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