vendredi 11 avril 2014
En dépit des nombreux appels lancés à la population depuis décembre 2013, les résultats de l‘examen des données du dispositif de surveillance, confirmés par le comité des experts médicaux du chikungunya réunit en séance hier jeudi 10 avril, montrent que le seuil épidémique est franchi. 

« Dès lors, il convient de tout mettre en œuvre pour contenir son évolution » ajoute le communiqué de la Préfète de Région.

Ainsi, compte tenu de la dynamique actuelle de cette épidémie et pour éviter que la Guadeloupe ne soit plus lourdement touchée par la maladie, Marcelle Pierrot rappelle que l'essentiel des actions à mener repose sur le comportement des individus.

« C'est maintenant qu'il faut agir ».

La population est donc invitée à respecter les consignes rappelées ci-dessous. Des consignes qui relèvent du simple bon sens mais qui en l'espèce constituent l'essentiel de la lutte contre l'évolution du chikungunya en Guadeloupe :

- Éliminer systématiquement les foyers de gîtes larvaires qui sont principalement dans et autour des maisons d'habitation : dans les réserves d'eau que sont les plantes en eau, les coupelles des pots à fleurs, les pneus usagés, les demies-coquilles de noix de coco laissées dans la nature, etc.

- Vérifier et prendre toutes les dispositions nécessaires pour éviter que l'eau ne stagne dans les gouttières, les chenaux, les regards et avaloirs d'eaux pluviales.

- Porter des vêtements longs et couvrants pour se protéger des piqûres de moustiques.

- Appliquer ou vaporiser des produits répulsifs adaptés sur toutes les parties découvertes du corps, visage compris (l'application doit être renouvelée fréquemment et au moins 30mn après les produits solaires).

- Dormir la journée comme la nuit (y compris les jeunes enfants) sous une moustiquaire.

- Consulter le médecin en cas d'apparition de fièvre brutale accompagnée de douleurs articulaires. Ce sont les premiers signes de la maladie.

Les services de l'État, des collectivités et des partenaires se réuniront le 17 avril prochain en préfecture « pour faire un point exhaustif sur les mesures déjà mises en place et sur celles à prendre pour renforcer la lutte ».

Pourtant, la situation ne peut être comparable à celle de la Réunion car il ne s'agit pas de la même souche : le virus est arrivé fin novembre à Saint-Martin par un homme revenu infecté d'un voyage en Asie, et probablement à nouveau piqué sur place par un moustique vecteur de la maladie. Son évolution n'est pas la même dans les îles antillaises car « il y a eu un décrochage dans le temps », explique Christian Ursulet. Et l'épidémie n'a pas affecté toutes les îles au même moment : « Saint-Martin avait plusieurs semaines d'avance, le virus est arrivé ensuite en Martinique car les bateaux de croisière y font d'abord escale avant d'aller en Guadeloupe. »

Le chikungunya se manifeste par une forte fièvre, des douleurs articulaires (arthralgie), des maux de têtes. Six décès ont été répertoriés par l'Institut de veille sanitaire (InVS) : trois à Saint-Martin, deux en Martinique et un en Guadeloupe. Des décès « indirectement liés à la maladie », le virus ayant touché des personnes fragiles ou des malades chroniques.

« La situation est alarmante mais pas catastrophique puisque les systèmes de soin actuels ne sont pas saturés », affirme Christian Ursulet. Quant au sentiment de la population, il est partagé. « Le chikungunya fait peur car il s'agit d'un nouveau virus mais il n'y a pas d'inquiétude majeure », reconnaît Jacques Rosine, épidémiologiste à la cellule interrégionale d'épidémiologie Antilles-Guyane. Les Antilles sont déjà confrontées, depuis une dizaine d'années, à des épidémies de dengue, une infection virale également transmise par les moustiques, qui est « plus susceptible de créer la panique car les pathologies sévères, notamment des formes hémorragiques, causent souvent des décès, même chez des personnes en pleine forme ».

Avec 11 400 cas, la Martinique est la plus affectée par le « chik » depuis son apparition fin décembre. L'île est classée en « phase épidémique » depuis début janvier, et toutes les communes sont affectées. Le nombre de cas est en augmentation de 15 % entre les deux dernières semaines de mars. 

La situation évolue aussi en Guadeloupe avec presque 470 nouveaux cas évocateurs – soit une personne présentant une fièvre supérieure à 38,5 °C et des douleurs articulaires. L'augmentation est de presque 60 % entre les deux dernières semaines de mars. Deux communes sont maintenant classées en zone épidémique (Baie-Mahault et Terre-de-Bas) et cette forte augmentation inquiète. « L'épidémie est inévitable en Guadeloupe et dans toute la Caraïbe, assure Patrice Richard, directeur général de l'ARS Guadeloupe, dans France-Antilles. Tout simplement parce que les populations circulent et transportent le virus avec elles. »


Même si le flux de passagers Saint-Martin-Martinique et Saint-Martin-Guadeloupe est équivalent, le virus ne s'est pas implanté de la même manière. L'épidémie « a d'abord touché Fort-de-France, une ville à très forte densité de population, alors qu'elle était moindre à Baie-Mahault », le premier foyer de transmission guadeloupéen, selon Jacques Rosine.

A Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, l'épidémie se maintient en mars à un niveau relativement faible, après une diminution enregistrée durant le mois de février. A Saint-Martin, le virus se répand sur l'ensemble de la partie française de l'île. Le nombre de « cas cliniquement évocateurs » est estimé à presque 3 000 depuis le début de l'épidémie dans la partie française de l'île. Saint-Barthélemy comptabilise 430 cas depuis fin décembre.

La circulation du virus reste modérée en Guyane – une trentaine de cas confirmés – mais elle commence à s'étendre sur le littoral : la commune de Kourou et l'île de Cayenne sont touchées. « La Guyane ne subit pas la même évolution car elle est plus éloignée de Saint-Martin et le flux de personnes provenant de l'île franco-néerlandaise a été moins important », explique Jacques Rosine.


Après les Caraïbes, le chikungunya a posé un pied en Guyane, et pourrait rapidement s’étendre à l’Amérique du sud et aux Etats-Unis, selon les derniers chiffres inquiétants publiés par le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC).


Le début du « carême », la saison la plus sèche dans les Antilles , qui s'étale de la mi-février à la mi-août, aura-t-il une influence sur la diminution des gîtes d'eau, qui sont des bassins de reproduction pour les moustiques ?

« C'est invérifié, assure Christian Ursulet. Le carême devrait normalement influer sur l'évolution de l'épidémie mais il y a une certaine pluviométrie : il fait certes plus chaud mais il pleut à la différence des autres années où il faisait très sec. » Il n'existe aucun traitement spécifique ni vaccin contre le chikungunya. Afin de limiter la diffusion du virus, les ARS de Martinique et de Guadeloupe ont déployé un plan d'actions, parmi lesquelles le renforcement de la surveillance épidémiologique et l'intensification des actions de démoustication.

La prévention passe par la « protection individuelle car le moustique récupère le virus sur les gens ». Les populations sont donc invitées à utiliser des répulsifs, à s'équiper de moustiquaires imprégnées et à porter des vêtements longs. De même, il est conseillé de supprimer tous les points d'eau inutiles (coupelles de pots, plantes en eau...). « Il y a une tradition des fûts récupérateurs d'eau de pluie pour arroser son jardin ou nettoyer la terrasse », reconnaît Christian Ursulet. « La prévention passe donc par la participation collective à la destruction de ces gîtes », assure-t-il. Des gestes barrières dans une zone où personne n'est immunisé contre le chikungunya.

Source  © le monde

Et pendant ce temps les alertes télévisées se répandent en Amérique du Sud...






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