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jeudi 4 septembre 2014
Ce jeudi 4 septembre, la France devrait une nouvelle fois être condamnée pour non respect de la directive nitrates. Et l’amende infligée par la Cour de justice de l’Union européenne risque d’être salée.

La France est poursuivie par la Commission européenne pour « ne pas avoir mis en œuvre de manière correcte et complète toutes les exigences énoncées » dans la directive de 1991 qui visait à lutter contre la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole. Les algues vertes sont le signe le plus visible de cette pollution due aux lisiers, fumiers et engrais azotés. Dans l’Hexagone, une large partie des eaux de surface, des nappes phréatiques mais aussi des eaux côtières sont polluées. L’air est, dans les régions agricoles, trop chargé en ammoniac, le gaz nocif qui s’échappe des rebuts azotés.

Une réglementation qui favorise la pollution

La France pourrait faire valoir, pour sa défense, le fait qu’elle a établi – en juillet dernier – une nouvelle cartographie des zones vulnérables aux nitrates agricoles, dans laquelle se trouvent désormais incluses 70% de la surface agricole utile française, et quelque 23 000 communes. A vrai dire, elle n’avait pas trop le choix, puisqu’elle a été condamnée en juin 2013 par la justice européenne pour désignation incomplète de ces zones vulnérables...

Mais désigner n’est pas forcément agir, et c’est justement le manque d’action qui est reproché à la France (la liste des manquements est ici). Pis, l’Hexagone a pris ces dernières années des mesures qui, au final, empêchent de lutter efficacement contre la pollution aux nitrates : un décret de décembre 2013 augmente le seuil au-delà duquel il faut obtenir une série d’autorisations pour lancer un élevage industriel de porcs, les regroupements d’élevage ont été facilités, le plafond d’azote organique qu’une exploitation peut produire a été relevé, etc.

Il est probable que la France ne puisse pas non plus respecter l’objectif de « bon état écologique » de deux tiers des eaux de surface en 2015 fixé par la directive cadre sur l’eau. Ce qui l’expose à de nouvelles amendes.


Source © terra eco
Heurts entre la police et des manifestants contre le futur barrage de Sivens dans le Tarn, le 1er septembre.

Le déboisement de la zone du futur barrage de Sivens, dans le Tarn, suscite des échauffourées sporadiques depuis lundi entre forces de l'ordre et opposants au projet. Mercredi 3 septembre, de nouveaux heurts ont éclaté.

Le projet, promu par le conseil général du Tarn avec celui du Tarn-et-Garonne, prévoit de créer une retenue d'eau de plus de 40 hectares, dont 13 hectares dans la zone humide « remarquable » du Testet, notamment pour permettre aux agriculteurs de la vallée d'irriguer leurs cultures. Les travaux, qui ont d'ores et déjà commencé, doivent coûter 8,4 millions d'euros.

« C'est un projet inadapté, dont le coût environnemental et financier est très élevé, au profit de pratiques agricoles qui sont une impasse pour les agriculteurs comme pour la société dans son ensemble », dénonce le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet. Selon lui, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement a dénombré sur le site au moins 94 espèces animales protégées – salamandres, couleuvres, chauve-souris, etc.

Des mesures compensatoires sont prévues, avec la création de nouvelles zones humides sur 19,5 hectares et le déplacement d'espèces protégées, mais jugées insuffisantes par les opposants au barrage.

Gérard Onesta (EELV), vice-président du conseil régional de Midi-Pyrénées, présent sur le site, a lancé mercredi « un appel solennel à Ségolène Royal, ministre de l'écologie, pour qu'elle décide un moratoire, alors que les grosses machines entrent en action et créent une situation irréversible ».

Selon La Croix, certains opposants occupent le terrain depuis octobre dernier, d'autres ont entamé une grève de la faim, et la situation est comparable à la ZAD (zone à défendre) qui s'est constituée près de Nantes contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mercredi, les militants écologistes, dont le nombre a parfois atteint 200 personnes sur le site, ont érigé de nouvelles barricades pour empêcher l'arrivée des matériels d'abattage lourds, tandis que des agriculteurs sympathisants les appuyaient en gênant l'accès de la zone avec leurs tracteurs.

« Cela n'a pas suffi : les tracteurs ont été déplacés par les gendarmes mobiles », a déclaré le porte-parole du Collectif du Testet, Ben Lefetey. D'après le quotidien La Dépêche du Midi, les gendarmes ont « découpé à la tronçonneuse une barricade érigée par les antibarrage, avant de tirer des gaz lacrymogènes pour déloger les contestataires ». « Deux barricades ont été reprises par l'escadron mobile. Le déboisement se poursuit », a indiqué de son côté la gendarmerie du Tarn.

La maire de Lisle-sur-Tarn, Maryline Lherm, favorable au projet, a appelé au calme, mais concentré ses critiques sur les opposants : « Les riverains sont excédés par les agissements d'individus violents, cagoulés (sic) et armés », souligne-t-elle, en précisant que « les habitants des communes concernées se sont exprimées par écrit ou oralement dans le cadre de l'enquête publique, et cela de manière majoritairement favorable » au barrage.

En revanche, France Nature Environnement Midi-Pyrénées et Nature Midi-Pyrénées s'associent au collectif du Testet pour souligner que « des recours juridiques sont toujours en cours » et pour qualifier de « farce » « l'exemplarité environnementale » du projet, revendiquée par le conseil général et la préfecture du Tarn.

Au niveau national, Europe Ecologie-Les Verts exprime « tout son soutien » aux opposants à ce « projet désuet qui répond à la logique d'une agriculture productiviste ». M. Onesta estime qu'un moratoire est d'autant plus indispensable que « le tribunal administratif doit se prononcer dans les prochains jours sur la légalité de l'arrêté préfectoral autorisant le déboisement ».

Source © Le Monde /AFP



Il est reconnaissable entre tous, avec sa paire d'immenses cornes. Le bouquetin, espèce emblématique des Alpes, est menacé en Haute-Savoie. "Le préfet de Haute-Savoie, sous couvert de sécurité publique, s'apprêterait à faire tuer la totalité des bouquetins restant sur le massif du Bargy ; y compris les jeunes nés en 2014 et les animaux sains", alertent dans un communiqué France nature environnement, la Ligue protection des oiseaux (LPO), Agir pour la biodiversité, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna) et le Club alpin français. Motif : la crainte de la propagation de la brucellose, une maladie infectieuse qui touche les ruminants et les hommes. Une raison contestée par les ONG et plusieurs autorités scientifiques.


"325 bouquetins, sur les 600 que compte le massif, ont déjà été décimés l'an dernier, déplore Jean-Pierre Crouzat, administrateur de la LPO et de la Frapna Haute-Savoie. Il est aberrant d'abattre des animaux sains pour endiguer l'épizootie."

D'autant que Capra ibex est classé parmi les espèces protégées en France depuis 1981, après avoir quasiment disparu des Alpes à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, sa population est estimée à près de 10 000 individus, grâce à l'interdiction de la chasse, à la création du Parc national de la Vanoise et à un programme de réintroductions depuis les années 1960.

Cette période de faste prend fin en avril 2012, quand la brucellose bovine, une maladie infectieuse due à une bactérie du genre Brucella, resurgit dans une exploitation laitière du sud du massif du Bargy alors qu'elle avait été éradiquée de Haute-Savoie en 1999 (et de France en 2003). Deux personnes tombent malades après avoir consommé du fromage frais produit dans cette ferme. Une enquête met alors en évidence que les bouquetins ont transmis la bactérie aux bovins, jouant le rôle de réservoir "silencieux" entre le dernier foyer en 1999 et la nouvelle épidémie de 2012. Depuis, aucune nouvelle contamination de brucellose n'a eu lieu parmi les cheptels domestiques de Haute-Savoie.

AUSTRIA-ANIMALS

Dans deux rapports rendus publics en juillet et septembre 2013, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) conclut que "le risque de transmission de la brucellose des bouquetins aux cheptels domestiques reste minime", et que la contamination de l'élevage laitier était "vraisemblablement accidentelle et exceptionnelle". Elle estime par ailleurs que, faute d'informations suffisantes sur l'état de la population et la dynamique de l'épidémie, son "analyse ne permet pas de confirmer la nécessité de mettre en œuvre dans l’urgence les actions d’abattage envisagées".

Dans la foulée, le Conseil national de protection de la nature (CNPN), une institution rattachée au ministère de l'écologie, considère, dans un avis, "que si l’éradication du foyer de brucellose chez le bouquetin des Alpes dans le massif du Bargy s’avère indispensable, elle n’a nullement besoin d’être réalisée dans l’urgence", relate sur son blog Matthieu Stelvio, à la tête du collectif Sauvons les bouquetins et à l'origine d'une pétition contre l'abattage signée par 45 000 personnes. Au final, le CNPN retient la solution d'un abattage partiel des caprinés, à savoir les seuls animaux séropositifs sur une durée de trois ans.

FRANCE-ANIMALS-ALPINE-IBEX-BOUQUETIN

Cette position prudente ne sera pas suivie par l'Etat. Le 1er octobre 2013, après un arbitrage du cabinet du premier ministre, le préfet de Haute-Savoie prend un arrêté préfectoral ordonnant l’abattage de tous les bouquetins de cinq ans et plus dans le massif du Bargy, valable pendant un an. "Le lendemain, le massif était bouclé, 240 hommes étaient déployés sur le terrain et 260 animaux ont été abattus en deux jours", raconte Jean-Pierre Crouzat.

"L'Etat a cédé aux lobbies des éleveurs, des chasseurs et certains parlementaires", ajoute-t-il. De fait, en septembre, le député UMP de Haute-Savoie Bernard Accoyer a défendu, dans une lettre au premier ministre de l'époque Jean-Marc Ayrault, l'abattage de tous les bouquetins du Bargy au nom du principe de précaution (qu'il a à d'autres occasions critiqué). Autre raison invoquée : la mise en péril de tout un pan de l’économie haut-savoyarde, à savoir la viande et surtout le lait des vaches, qui sert à produire le fameux Reblochon.

"Nous savons que le préfet est maintenant en train de négocier un abattage de tous les bouquetins et non plus seulement ceux âgés de cinq ans ou plus, assure Jean-Pierre Crouzat. Or, il n'est pas nécessaire de procéder à une nouvelle vague d'abattage massif qui conduirait à l'extinction de cet animal du massif." La préfecture de Haute-Savoie n'a pas souhaité répondre au Monde.

Les ONG proposent une alternative : n'abattre que les individus malades et ainsi préserver la moitié de la population saine – puisque la prévalence de la maladie a été évaluée à 45 %. "L'Anses a produit un test sérologique qui permet de vérifier sur le terrain si l'animal est infecté ou pas", indique M. Crouzat. "Les bouquetins sont par ailleurs appréciés des touristes", avance-t-il, en dernier argument. Reblochon contre tourisme donc.

Source © Audrey Garric

Un sanglier sur trois présente des niveaux élevés de radioactivité dans la région de la Saxe (Allemagne).

Vingt-huit ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue en avril 1986 en Ukraine, les sangliers allemands gardent encore dans leur chair le souvenir de l'explosion de la centrale. Un tiers des porcs sauvages qui peuplent les forêts de Saxe sont radioactifs.

Hors de question de consommer leur viande, précise The Telegraph, qui s'appuie sur des tests récents effectués par le gouvernement de Saxe. Résultat : sur les 750 bêtes chassés en un an, 297 dépassaient la norme de radioactivité fixée à 600 becquerels par kilo, seuil limite pour la consommation humaine.

DES CHAMPIGNONS IRRADIÉS

Ces taux de radioactivité élevés sont "l'héritage" de la catastrophe nucléaire de 1986, explique le quotidien britannique. Bien que la Saxe soit située à plus de 1 000 kilomètres de Tchernobyl, le vent et la pluie ont déplacé le nuage radioactif vers l'ouest, contaminant la faune et la flore des forêts allemandes. Les sangliers sont particulièrement touchés car ils se nourrissent de champignons qui sont encore irradiés.

Face à ce risque sanitaire persistant, le gouvernement de Saxe a interdit toute commercialisation des sangliers au taux de radioactivité trop élevé. Depuis 2012, des tests systématiques sont effectuées sur tous les individus abattus. Lorsque la limite sanitaire est dépassée, les carcasses sont détruites. Au grand dam des chasseurs d'outre-Rhin, qui gagnaient de l'argent en vendant le gibier.

UN MANQUE À GAGNER POUR LES CHASSEURS

Chaque année, plusieurs centaines de milliers d'euros leur sont reversés en compensation. Pour les chasseurs malchanceux, ces sommes sont loin d'atteindre le tarif de vente de la viande, mais elles permettent au moins de couvrir le coût de la chasse.

Le problème des sangliers radioactifs n'est pas prêt de se résoudre en Allemagne. Selon les experts, au vu des niveaux de contamination observés, le retour à la normale n'est pas prévu avant une cinquantaine d'années.

Lancement ce mercredi matin d'une opération de nettoyage du lac de Louvain-la-Neuve, touché récemment par une pollution au chlore. La faune et la flore en ont souffert, il faut donc à nouveau diminuer sérieusement le niveau de l’eau pour que la vie reprenne. Cela devrait durer quelques mois.

Complètement réaménagé il y a quelques années, le lac de Louvain-la-Neuve va subir une nouvelle cure de jouvence. La pollution au chlore détectée récemment a détruit une partie de la flore, des espèces ont disparu et l’eau a perdu de sa clarté. La présence de carpes aurait accentué les problèmes, ces poissons empêchant la régénération des plantes aquatiques. "Il fallait intervenir, explique Jean-Claude Mangeot, garde-forestier et gestionnaire du site. Pour l'instant, il n'y a plus de végétaux dans le fond du lac. On le sait car le nombre d'oiseaux migrateurs qui s'arrêtent pour ravitailler est moins important. La disparition des truites et des goujons a aussi été un indice important de la dégradation de la qualité de l'eau".

Vidanger pour permettre aux plantes de repousser

Le lac de Louvain-la-Neuve est un bassin d’orage, il récolte les eaux qui ruissellent dans les rues, c'est d'ailleurs probablement de là qu'est venue la pollution. En aval, le trop-plein se déverse dans un petit cours d’eau. Les vannes ont donc été ouvertes ce mercredi matin. Le niveau du lac va baisser pour permettre à la végétation de repousser. "On refermera les vannes quand on sera suffisamment bas, poursuit Jean-Claude Mengeot. Je préfère le faire maintenant car il suffit d'un peu de soleil pour que le processus démarre. Au contact de l'air et de la lumière, la vase va pouvoir se reminéraliser, et quand on remettra de l'eau, la végétation qui aura poussé va se décomposer et alimenter les bactéries qui filtrent l'eau. Le lac sera donc à nouveau propre."

Les oiseaux migrateurs sont moins nombreux depuis la pollution au chlore.

La vidange prendra quelques jours. Ensuite il faudra laisser la nature faire son travail. Le garde-forestier espère pouvoir remettre le lac sous eau en mars, afin de permettre la nidification de plusieurs espèces d’oiseau. Ces quelques mois seront mis à profit pour retirer les déchets jetés dans l'eau par des passants et pour effectuer quelques travaux de consolidation des berges.

Indépendamment de tout problème de pollution, le lac de Louvain-la-Neuve subira pareille revitalisation tous les cinq ans.

Source © Hugues Van Peel - RTBF

Des traces de pollution ont été retrouvées dans des échantillons de sols prélevés entre Viège et Gamsen (VS).

La dioxine ne dépasse pas les valeurs limites et ne représente pas de risques significatifs pour la population, a indiqué ce mercredi 3 septembre l'Etat du Valais.

La valeur maximale de dioxines mesurée s'élève à 21 ng I-TEQ/kg dans la zone d'habitation et à 135 ng I-TEQ/kg dans les surfaces agricoles. Toutes deux sont inférieures aux valeurs d'assainissement fixées par l'ordonnance sur les atteintes portées au sol qui s'élèvent respectivement à 100 ng I-TEQ/kg et 1000 ng I-TEQ/kg.

Une expertise du Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (EMPA) conclut à l'absence de risque significatif pour la population. Quant aux analyses d'échantillons de viande et de lait de la région, elles n'ont pas permis jusqu'à présent de déceler une valeur anormale de dioxines dans la chaîne alimentaire, précise le canton dans un communiqué.

Héritage du passé

Les dioxines proviennent de l'incinération de déchets contenant du chlore. Or, les usines d'incinération des ordures ménagères et les installations d'incinération de déchets spéciaux sont aujourd'hui équipées pour ne plus laisser échapper ce type de polluant.

«Etant donné que les dioxines ne se dégradent que très lentement, les pollutions retrouvées dans les sols sont le plus souvent un héritage du passé», souligne le canton. Ainsi, la pollution entre Viège et Gamsen pourrait être liée à l'incinération par le passé de déchets sur d'anciennes décharges, à l'usine d'incinération des ordures ménagères ou dans des installations industrielles.

L'incendie de forêt de 2011 pourrait aussi avoir contribué à la pollution, souligne le canton. Selon l'Office fédéral de l'environnement, les dioxines sont aujourd'hui principalement émises lors d'incinérations illégales de déchets en plein air ou dans des cheminées. En Valais, le Conseil d'Etat a promulgué en 2007 un arrêté interdisant les feux de déchets en plein air.

260 échantillons

Les résultats publiés mercredi sont issus d'une campagne d'évaluation des sols du canton, dont une première phase a été menée entre 2008 et 2010 a indiqué Cédric Arnold, chef du Service valaisan de la protection de l'environnement (SPE).

Sur un total de 260 échantillons de sols prélevés, 37 ont montré des valeurs maximales de 21 ng I-TEQ/kg ou de 135 ng I-TEQ/kg. L'EMPA procède actuellement à des analyses supplémentaires pour tenter de déterminer l'origine ou les origines de la pollution.

Le SPE vérifie qu'il n'y a actuellement plus de rejets de dioxines dans la région. Il veille aussi à éviter la dissémination des sols pollués dans le cadre de projets de construction et vérifie que les matériaux excavés sont correctement revalorisés ou éliminés. 

Source © ats/Newsnet
Plus de 4.000 usines utilisant des métaux lourds ont été fermées en Chine au cours des trois dernières années, réduisant de plusieurs millions de tonnes la production de batteries contenant du cuivre, du zinc et du plomb.

Le gouvernement central et les gouvernements locaux ont dépensé 41,6 milliards de yuans (6,7 milliards de dollars) ces trois dernières années pour prévenir et traiter la pollution aux métaux lourds, et les émissions de polluants ont été grandement réduites, a expliqué mardi le ministère chinois de la Protection de l'environnement lors d'une réunion.

Des problèmes liés à l'environnement ont aussi entraîné la fermeture temporaire de plus de 1.000 entreprises, lesquelles seront autorisées à rouvrir quand elles auront rectifié leurs situations.
Alors que la tempête tropicale Dolly termine actuellement sa course au Mexique, au nord de la ville de Mexico, un autre système tropical gagne en puissance sur la façade ouest du pays, dans le Pacifique. Il s'agit du cyclone Norbert.

Le cyclone Norbert est né il y a quelques heures dans les eaux chaudes du Pacifique, au sud-ouest du Mexique. Gagnant encore en intensité, il se renforce et devrait atteindre le stade de cyclone de catégorie 2 d’ici peu au large de la Basse Californie. Les vents pourront être particulièrement forts dans cette région au cours des journées à venir, une alerte cyclonique a d’ailleurs été lancée.

Au-delà de cela, l’apport d’humidité de Norbert, couplé à celle amenée par Dolly fait craindre de forts orages entre le nord du Mexique et le sud-ouest des Etats-Unis, zone actuellement en état de sécheresse exceptionnelle. Le risque de crue éclair dans la zone est alors à redouter.

Par la suite, le système cyclonique devrait perdre en puissance avant de rentrer dans les terres en Californie entre la région de San Diego et celle de Los Angeles. Même si la fiabilité est encore assez mauvaise, l’arrivée de pluies dans cette région serait une bénédiction, en raison d’une sécheresse qui dure depuis plus d’un an et demi, provoquant de nombreux incendies. A Los Angeles, le déficit pluviométrique depuis le début de l’année 2013 est d’environ 60%.
Dans une étude publiée fin août par la revue The Cryosphere, des chercheurs allemands estiment qu'en moyenne, entre janvier 2011 et janvier 2014, les deux grandes calottes polaires se sont délestées annuellement de quelque 500 milliards de tonnes (Gt) – soit autant de glace déversée dans l'océan. Toujours plus rapide, la réduction des deux grands inlandsis est désormais un facteur majeur dans l'élévation du niveau des mers, au côté de la fonte des glaciers d'altitude et de la dilatation des océans (plus ils se réchauffent, plus leur volume augmente).

Les auteurs, conduits par le glaciologue Veit Helm (Alfred Wegener Institute), estiment que, sur ces 500 Gt de glace perdue, environ 375 Gt sont attribuables au Groenland et 125 Gt à l'Antarctique ; leurs résultats confirment des ordres de grandeur connus, mais frappent par l'ampleur de l'accélération observée. La perte de masse de l'Antarctique de l'Ouest a ainsi triplé par rapport à la moyenne relevée au cours de la période 2003-2009, et a doublé pour le Groenland.

« Ce sont de beaux résultats, commente le glaciologue Eric Rignot (université de Californie à Irvine, NASA), qui n'a pas participé à l'étude. Ils sont cohérents avec ceux obtenus par d'autres méthodes de mesure et offrent les dernières données disponibles en date. » Quant à l'accélération observée, ajoute M. Rignot, « elle est forte mais conforme à ce à quoi on pouvait s'attendre ».

Pour établir leurs estimations, les chercheurs allemands ont utilisé le satellite européen Cryosat-2, lancé en avril 2010, dont l'altimètre est capable de mesurer la hauteur des calottes glaciaires avec une précision jusqu'à présent inégalée. Ils ont ensuite comparé ces données avec celles obtenues au cours de la décennie précédente par la mission américaine ICESat.

La tendance obtenue est sans équivoque. « Le signal est désormais tellement fort qu'il n'est plus possible de penser qu'il ne s'agit que d'un phénomène transitoire, estime M. Rignot. Nous sommes devant un phénomène qui est installé durablement. » De fait, plusieurs travaux récents concluent que les grands glaciers de l'Antarctique de l'Ouest s'amenuisent désormais si vite que l'inertie du phénomène rend inévitable leur disparition quasi totale à terme – probablement plusieurs siècles.

En mai, des chercheurs américains avaient ainsi étudié les six plus grands glaciers de l'ouest du continent blanc, contribuant à eux seuls à un dixième de l'élévation du niveau de la mer – actuellement d'environ 3,3 mm par an. Ils avaient conclu que ces six léviathans de glace, qui couvrent ensemble une superficie comparable à celle de la France, étaient engagés dans un déclin sans retour. Au Groenland, d'autres campagnes de mesures ont montré, en février, que le grand glacier Jakobshavn s'écoulait vers la mer à la vitesse vertigineuse de 46 mètres par jour.

Les données obtenues par le satellite Cryosat-2 vont dans le même sens. Cette accélération de la perte de glace des inlandsis polaires a pour principal corollaire une augmentation du niveau marin qui, sans politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pourrait excéder un mètre d'ici à 2100 – la fourchette haute des estimations publiées à l'automne 2013 dans le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Depuis la fin du XIXe siècle, les océans se sont élevés d'une vingtaine de centimètres en moyenne (avec de fortes disparités). Une réalité déjà tangible dans de nombreuses régions du monde – comme l'Aquitaine ou l'est des Etats-Unis –, où l'élévation des mers, combinée à des épisodes de hautes eaux (tempêtes, marées, etc.), provoque de plus en plus de dégâts.



Source : The Cryosphère

mercredi 3 septembre 2014
Pour François Ramade, professeur émérite d'écologie à l'université de Paris-Sud, les insecticides modernes, notamment les néonicotinoïdes, sont responsables d'une véritable "catastrophe écologique". Et, selon lui, "la réponse des pouvoirs publics des pays développés et des institutions multilatérales est absente ou dérisoire".

Les personnes de plus de 40 ans se souviennent des pare-brise, phares et calandres de voiture constellés de cadavres d'insectes. La propreté des voitures actuelles est le signe d'une disparition massive d'insectes qui doit nous alarmer. 

L'agriculture moderne a permis, par l'usage massif d'« intrants », une augmentation considérable de la productivité des cultures. Elle atteint depuis quelques décennies des limites dues à l'impact environnemental de ses pratiques. En effet, l'accroissement de productivité qu'elle a permis n'est pas dû à une révolution biologique dans le contrôle de la photosynthèse, mais à un recours sans cesse accru aux engrais chimiques et aux pesticides, dont les conséquences écologiques néfastes sont connues. 

Dès les années 60, la naturaliste américaine Rachel Carson décrivait dans son best-seller Silent Spring la lente éradication des peuplements d'oiseaux par l'usage irréfléchi du DDT et d'autres insecticides organochlorés. 

Adieu abeilles, papillons, oiseaux 

Un danger plus redoutable nous menace avec l'usage des insecticides néonicotinoïdes, dont la molécule dérive de celle de la nicotine. Cette dernière, cause de l'addiction des fumeurs de tabac, est aussi un très puissant insecticide utilisé entre les deux guerres mondiales. Au début des années 90, les chimistes ont mis au point de nouvelles molécules dont l'imidaclopride, la clothianidine ou le thiamethoxam aussi insecticides que la nicotine, mais d'une plus grande stabilité moléculaire. Elles ont aussi pour « avantage » d'être « systémiques » : elles passent directement du sol dans les plantes par absorption radiculaire et pénètrent via la sève jusqu'à l'extrémité des pousses des feuilles et des fleurs. Elles se maintiennent au-delà de deux ans dans les sols, de sorte que, plusieurs saisons après l'épandage, d'autres plantes seront contaminées. 

Ces insecticides sont à l'origine du déclin des pollinisateurs dont les abeilles mais, au-delà, de l'ensemble des insectes et donc de la plupart des oiseaux, majoritairement insectivores. Il faut savoir qu'en sus des abeilles la pollinisation des plantes cultivées est assurée majoritairement (à près de 80 %) par d'autres insectes, surtout des hyménoptères dits apoïdes. Certains d'entre eux sont sociaux, tels les bourdons, mais la plupart de ces bienfaiteurs de l'humanité sont solitaires. Depuis l'introduction des néonicotinoïdes en 1995, on observe un effondrement du nombre d'abeilles et une dégénérescence des ruches. En France, le nombre de ruches a chuté de 2 millions en 1996 à 600 000 aujourd'hui. 

Simultanément s'observe une réduction brutale du nombre de pollinisateurs sauvages et, au-delà, de l'ensemble des insectes, comme l'a montré la récente campagne nationale de dénombrement des papillons. Diverses recherches, dont certaines effectuées en France, ont démontré la responsabilité directe des néonicotinoïdes dans cette hécatombe. Des abeilles butineuses équipées de nano-GPS traitées avec de très faibles doses d'imidaclopride se sont révélées incapables de retrouver leur ruche, ce qui explique la disparition des ouvrières et l'extinction des colonies. Ce déclin massif des insectes pollinisateurs constitue une menace calamiteuse pour l'agriculture. La disparition des abeilles et des hyménoptères apoïdes signifierait la fin de nombreux végétaux cultivés et entraînerait des pertes agricoles pouvant atteindre plusieurs centaines de milliards d'euros par an. Pis encore, la sécurité alimentaire de l'humanité ne serait plus assurée. 

Solutions européennes dérisoires 

Face cette catastrophe écologique en cours, la réponse des pouvoirs publics des pays développés et des institutions multilatérales est absente ou dérisoire. Les agences compétentes de l'ONU, tels la FAO ou le Pnue, ne se sont pas saisies du problème. En France et dans d'autres pays européens, l'interdiction partielle de l'imidaclopride et du fipronil n'est pas suffisante, tout comme la décision récente de l'Union européenne d'interdire pour trois ans le premier de ces insecticides ainsi que la clothianidine et le thiamethoxam. C'est l'interdiction de la totalité des néonicotinoïdes qui s'impose de toute urgence ! Un groupe international d'experts s'est créé en 2009, à l'initiative de Maarten Bijleveld, ancien secrétaire scientifique de la commission écologie de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il a rassemblé les preuves scientifiques justifiant cette interdiction et milite auprès des pouvoirs publics européens et des institutions internationales pour l'obtenir. Où sont les politiques en charge de notre avenir ? 

* François Ramade est professeur émérite d'écologie à l'université de Paris-Sud (Laboratoire Ecologie, Systématique et Evolution de la faculté des sciences d'Orsay) et auteur du Dictionnaire encyclopédique de l'écologie et des sciences de l'environnement (Dunod).


Source © Magazie Marianne



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Un tiers de la population mondiale risque d'avoir des problèmes de santé ou de mourir prématurément à cause de la pollution de l'air domestique, selon une étude publiée mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet Respiratory Medicine.

Réalisée par une commission rassemblant des chercheurs américano-britanniques, l'étude s'est penchée sur ce type de pollution, qui provient essentiellement d'activités comme la préparation des repas, le chauffage ou l'éclairage et qui est mesuré à l'intérieur des maisons.

Cette pollution domestique serait à l'origine de 4,3 millions de décès en 2012, contre 3,7 millions de décès attribués à la pollution atmosphérique extérieure, selon des estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mais elle menace au total la santé d'environ 2,8 milliards de personnes à travers le monde, un chiffre resté stable ces dernières années malgré une augmentation de la population mondiale, relèvent les chercheurs.

Parmi les personnes en danger, ils citent 600 à 800 millions de familles, principalement en Asie et en Afrique qui utilisent des combustibles solides comme le bois ou le charbon pour faire la cuisine ou se chauffer.

Ces combustibles sont souvent utilisés dans des feux ouverts et dans des locaux mal ventilés, ce qui explique la gravité de la pollution de l'air intérieur.

«Les femmes et les enfants sont particulièrement sensibles aux effets toxiques de cette pollution et exposés aux concentrations les plus élevées», soulignent les chercheurs.

Parmi les maladies les plus directement liées à la pollution domestique, ils mentionnent les infections respiratoires, les bronchites chroniques ou BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive), l'asthme, le cancer du poumon et les cancers du nez ou de la gorge.

Ils notent également que les personnes les plus vulnérables vivent pour la plupart dans des régions déshéritées où les traitements des maladies respiratoires restent couteux et pas forcément disponibles.

Selon le Pr Stephen Gordon, de l'École de médecine tropicale de Liverpool (Royaume-Uni), la solution passe  par l'adoption de combustibles et de méthodes de cuisson «plus propres» et «aussi abordables, efficaces et durables que les méthodes traditionnelles qu'ils sont censés remplacer».

Pour le Pr William Martin de l'Université d'État de l'Ohio, «le problème ne pourra pas être réglé tant que la communauté internationale ne reconnaîtra pas l'ampleur du problème et qu'elle ne s'engagera pas dans une action coordonnée et concertée».

Diverses initiatives ont déjà été lancées ces dernières années dont la mise en place d'une association cofondée par l'OMS, l'Alliance globale pour les fourneaux écologiques, qui s'est fixée comme ambition d'équiper 100 millions de foyers d'ici 2020 en appareils de cuisson «propres».

Source © AFP


Le monde est en train de "perdre la bataille" contre la progression de l'épidémie d'Ebola qui frappe l'Afrique de l'Ouest, a déclaré mardi la présidente de Médecins sans frontières (MSF), Jeanne Liu.

"En six mois de la pire épidémie d'Ebola de l'Histoire, le monde est en train de perdre la bataille pour la contenir. Les dirigeants n'arrivent pas à bloquer cette menace transnationale", a poursuivi Jeanne Liu dans un discours prononcé aux Nations unies à New York, selon un communiqué de MSF International. 

"Coalition mondiale de l'inaction"

"L'annonce faite le 8 août (par l'OMS) que l'épidémie constituait une 'urgence de santé publique mondiale' n'a pas été suivie d'une action décisive, et les Etats se sont en général contentés de rejoindre une coalition mondiale de l'inaction."

Hôpitaux de campagne et laboratoires volants

Jeanne Liu a appelé la communauté internationale à financer davantage de lits afin de mettre en place un réseau d'hôpitaux de campagne, à envoyer du personnel médical qualifié et à déployer des laboratoires volants en Guinée, Sierra Leone et au Liberia. 

Lits nécessaires

Dans un communiqué publié simultanément, MSF souligne l'acuité particulière de la crise dans la capitale libérienne, Monrovia, où "800 lits supplémentaires seraient nécessaires", selon ses estimations.

Risques multipliés

Faute de place dans ses centres de soins surpeuplés du Liberia et de Sierra Leone, des malades continuent de mourir au sein de leur communauté, multipliant les risques de contagion, souligne également MSF.

Cadavres dans les rues

"En Sierra Leone, les cadavres, hautement infectieux, pourrissent dans les rues", insiste l'organisation.

Le virus, contre lequel aucun traitement ni aucun vaccin n'existe, a fait plus de 1.550 morts sur 3.069 cas recensés au 26 août par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont 694 au Liberia, 430 en Guinée et 422 en Sierra Leone. Au rythme de contagion actuel, il faudra six à neuf mois et au moins 490 millions de dollars (373 millions d'euros) pour parvenir à maîtriser l'épidémie, qui risque de toucher 20.000 personnes, selon l'OMS.

Source © ap.

Le ministère de la santé japonais a confirmé lundi 1er septembre vingt-deux cas autochtones de dengue. Selon les autorités, les personnes atteintes ont vraisemblablement été piquées par un ou des moustiques dans le parc Yoyogi, vaste espace vert très fréquenté du centre de Tokyo.

« Toutes les personnes ayant été infectées ont en commun de ne pas avoir séjourné à l'étranger au cours du mois passé », a précisé le ministère de la santé et aucun des malades n'est dans un état sanitaire inquiétant. Le ministère appelle néanmoins à éviter les points d'eau où se trouvent de nombreux insectes, véritable calamité en été au Japon.

La semaine passée, trois premiers cas avaient été diagnostiqués — les premiers en soixante-dix ans dans l'archipel — et dix-neuf autres ont donc été confirmés lundi. En conséquence, le ministère a pris des dispositions renforcées et demande à « toutes les personnes victimes d'une forte fièvre, trois à sept jours après avoir été piquées par un moustique, de se rendre au plus vite chez le médecin ».

PULVÉRISATION D'INSECTICIDE

Les services sanitaires ont commencé à pulvériser des insecticides dans le parc Yoyogi pour essayer d'éliminer le ou les spécimens porteurs du virus incriminé. Jusque-là, les recherches effectuées sur des moustiques attrapés dans ce parc n'ont pas donné de résultat.

La dengue, parfois appelée « grippe tropicale », est une infection virale transmise par les moustiques, mais qui ne se diffuse pas directement de personne à personne. La mise au point d'un vaccin contre la maladie est rendue complexe par le fait qu'il existe non pas un mais quatre types (ou stérotypes) de virus de la dengue. A la fin d'août, un premier cas autochtone a été détecté en France.

Source AFP 





Une nouvelle étude publiée dans Ecology Letters indique que l'expansion de zones marines protégées est devenu impérative pour protéger les espèces de poissons qui remplissent des fonctions écologiques clés dans la protection des océans. 

Selon les enquêteurs de la Wildlife Conservation Society, les décisions intergouvernementales de protection des océans actuelles mettent trop l'accent sur la protection du plus grand nombre d'espèces et cela au détriment des espèces clés aux fonctions écologiques durables reconnues. 

De nombreuses fonctions vitales de l'écologie marines sont effectuées par des espèces de poissons qui sont malheureusement les plus consommées par des millions de personnes à travers le monde. C'est ce que cette nouvelle étude révèle: les populations de poissons aux plus grandes valeurs écologiques de la planète sont actuellement vulnérables et ne sont pas protégées par le réseau mondial actuel des aires marines protégées. 

Il y a urgence à ce que le réseau des aires marines protégées existant dans le monde soit largement élargi, a déclaré le Dr Tim McClanahan

"Toutes les espèces ne tiennent pas le même rôle dans l'ecologie des oceans et chacune d'entre elles détiennent un rôle clé, c'est l'origine de cette enquête, et qui a révélé l'ampleur de la nécessité d'étudier la meilleur facon de préserver la chaine alimentaire des océans. 

Notre étude a identifié des lacunes importantes et devrait servir de base de réflexion pour accélérer la protection des fonctions vitales de l'océan".

Les auteurs de l'étude ont compilé une base de données mondiales sur les populations de poissons dans les zones côtières tropicales de 169 endroits dans le monde, mettant l'accent sur les espèces présentes dans une profondeur comprise entre 0 et 50 mètres au moins. L'équipe a comparé ces données avec les cartes de répartition de 6316 espèces de poissons . Les menaces humaines comme la surpêche, la pollution et le changement climatique ont également été incluses dans leurs analyses.

Ce que les auteurs ont découvert est inquiétant, en effet de nombreux poissons menacés aux fonctions écologiques reconnues ont été trouvés en dehors des zones protégées existantes.  Des zones de forte vulnérabilité ont été decelé dans les eaux côtières du Chili, du Pacifique tropical oriental, et dans l'est de l'océan Atlantique.

«Protéger les services écologiques que des populations de poissons fournissent aux habitats côtiers est aussi importante que la protection des espèces elles-mêmes," a déclaré le Dr Caleb McClennen, directeur exécutif du Programme marin de WCS. 

«Cette étude peut aider les gestionnaires marins à mieux établir leurs choix quant aux endroits où placer des aires protégées afin que celles ci fournissent les capacités de l'océan à préserver ses fonctions essentielles."

© Nature Alerte
La réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) qui entre en vigueur en 2014 était supposée la faire évoluer vers un verdissement significatif. On est loin du compte, mais la thèse de doctorat de Maxime Habran du département de science politique de l'Université de Liège sur l'évolution de la protection de l'environnement au sein de la PAC montre des avancées encourageantes sur le long terme.

La PAC (Politique Agricole Commune) est l'un des fondements de l'Union européenne, elle engloutit son budget le plus important. « Dans le contexte de l'après-guerre, elle avait pour objectifs principaux d'assurer l'autosuffisance alimentaire et un revenu correct pour les agriculteurs, explique Maxime Habran, l'auteur de la thèse[1]. On se trouvait à l'époque dans une logique productiviste qui durera près de 25 ans. Les premiers signes d'essoufflement de ce modèle apparaissent dans les années 70. La Communauté européenne reconnaît alors l'importance de tenir compte des aspects environnementaux dans ses politiques ».

Maxime Habran analyse dans sa thèse l'évolution de la conditionnalité environnementale, c'est-à-dire la façon dont la politique de la protection de l'environnement est intégrée au sein de la PAC. « On constate une évolution progressive, depuis une présence environnementale non contraignante vers une prise en compte plus importante de l'environnement, l'octroi des aides aux agriculteurs devenant de plus en plus conditionné au respect de normes environnementales ».

Le chercheur montre que les premiers signes de cette intégration se limitent à des mesures de conditionnalité « facultative ». C'est le cas par exemple en 1985, lorsque le règlement (CEE) n° 797/85 sur l'amélioration de l'efficacité des structures de l'agriculture autorise les Etats membres à octroyer des aides aux agriculteurs qui s'engagent à exploiter de façon écologique des zones sensibles du point de vue de l'environnement. Il ne s'agit encore que de mesures ponctuelles, financées par les Etats membres. « Même si ce ne sont que des options facultatives pour les Etats, elles montrent qu'il existe une nouvelle dynamique, que l'on veut inverser la tendance en intégrant quelques aspects écologiques dans une politique concentrée sur la productivité intensive », note l'auteur de la thèse.

Il faut attendre 1992 pour le passage à une conditionnalité incitative au niveau européen, avec l'adoption de mesures agro-environnementales : les institutions européennes encouragent les agriculteurs à produire de manière respectueuse de l'environnement par le moyen d'aides financières. Maxime Habran : « A ce moment, la PAC représentait environ les trois quarts du budget communautaire. Les Etats membres ont véritablement pris conscience du fait que la logique productiviste, qui finançait à tout-va les agriculteurs, incitait à produire n'importe comment et entrainait une dégradation de l'environnement. Elle avait aussi conduit à créer des stocks et des excédents de production de plus en plus coûteux pour la Communauté européenne ».

Une réforme pour de nouvelles formes d'agriculture

La réforme Mac Sharry[2] de 1992 veut mettre un frein à cette logique. L'une de ses mesures fondamentales concerne les prix agricoles, qui sont réduits et fixés à un niveau plus proche du marché mondial. La perte de revenu des agriculteurs est compensée par des aides qui ne dépendent plus des quantités produites mais des superficies utilisées. Des mesures d'accompagnement sont aussi introduites pour aider les agriculteurs à supporter la baisse de leurs revenus, elles portent notamment sur la protection de l'environnement. « La réforme de 92 marque un tournant environnemental dans la PAC en introduisant les premières mesures agri-environnementales, souligne l'auteur de la thèse. L'agriculteur va pouvoir recevoir des aides pour améliorer sa production dans un sens plus écologique, comme la mise en jachère de terres durant plusieurs années à des fins liées à l'environnement. Cette réforme incite à développer de nouvelles formes d'agricultures ».

Une nouvelle étape dans l'intégration de l'environnement au sein de la PAC est franchie en 1999, avec la réforme de l'Agenda 2000. A côté du pilier « soutien des marchés », un deuxième pilier est officiellement ajouté à la PAC : le développement rural qui devient une priorité de l'Union européenne. La réforme introduit aussi le concept d' « éco-conditionnalité ». « C'est l'époque de crises sanitaires liées à la dioxine et à la vache folle, et le budget de la PAC est encore énorme. L'un des objectifs poursuivi est de rendre légitime cette politique aux yeux des citoyens, explique Maxime Habran. Ceux-ci exigent de nouvelles mesures de protection, notamment un contrôle de la nourriture donnée aux bovins et ovins. La réforme de l'agenda 2000 introduit ainsi le principe d' « éco-conditionnalité » qui permet de lier l'octroi des paiements au respect de certaines normes environnementales ».

L'éco-conditionnalité devient obligatoire en 2003

Dans un premier temps, la réforme de l'Agenda 2000 ne rencontre guère de succès sur le terrain car l'éco-conditionnalité n'est pas obligatoire. « En principe, elle implique le respect de nouvelles mesures environnementales de la part des agriculteurs, poursuit Maxime Habran. Comme l'application de ces mesures n'était pas obligatoire, seuls quelques Etats ont mis en œuvre cette possibilité, qui nécessite des systèmes de contrôle, des instances expliquant aux agriculteurs des règlements extrêmement compliqués…. Je suis convaincu qu'il s'agissait d'un test pour évaluer la réaction des Etats membres et la mise en œuvre dans quelques pays. Lors de la révision à mi-parcours de l'Agenda, en 2003, l'éco-conditionnalité subit une réforme profonde et devient obligatoire. Pour recevoir les aides financières, l'agriculteur doit respecter un cahier des charges d'exigences environnementales, mais aussi en matière de bien-être des animaux, de santé publique, de la santé des végétaux, etc. A partir de 2003, on ne parle d'ailleurs plus d'éco-conditionnalité mais de conditionnalité car on dépasse le cadre environnemental ».

Dans sa thèse, Maxime Habran analyse la dernière réforme de la PAC adoptée en décembre 2013. Elle est marquée par l'apparition de la notion de « verdissement » qui, selon les propositions initiales de la Commission européenne, devait intégrer de façon transversale les questions environnementales et climatiques dans la PAC. Un pourcentage des aides perçues par les agriculteurs pouvait être conditionné au respect de nouveaux critères, avec notamment pour objectifs une utilisation rationnelle de l'eau et une réduction des pesticides. Le but de la Commission était que 30% des aides soient consacrées à ces paiements plus verts.

Quand les lobbies s'attaquent au verdissement…

« On avait beaucoup parlé d'une « écologisation » de la PAC, mais il existe de grosses différences entre les propositions de la Commission et ce qui a été adopté, souligne l'auteur. La Commission souhaitait que ces aides soient potentiellement plus difficiles à obtenir car l'agriculteur devait aller plus loin dans le respect de l'environnement. Au sein du Parlement européen, la commission « Agriculture et développement rural » était chargée des débats. Au fur et à mesure des discussions, le volet verdissement a été vidé de sa substance. Les Etats membres et le Parlement européen ont obtenu que des mesures qui existaient déjà auparavant, comme le maintien de prairies permanentes en France, soient reconnues comme des mesures de verdissement afin que les agriculteurs ne doivent pas fournir d'effort supplémentaire. Les longs débats et négociations ont rendu ces règlements encore plus complexes, ce qui ne facilite pas leur application. La conditionnalité s'en trouve affaiblie ».

Dans les conclusions de sa thèse, Maxime Habran se veut toutefois optimiste pour l'avenir du verdissement : « La PAC est en perpétuel mouvement, au même titre que la construction européenne. La conditionnalité ne s'est pas imposée du jour au lendemain, il a fallu procéder à des essais (l'éco-conditionnalité), pour aboutir à un réel mécanisme en 2003. Gageons que cette réforme servira de test pour le mécanisme de verdissement et que des adaptations auront lieu dans les mois à venir ».

Notes
« La conditionnalité environnementale dans la politique agricole commune. Analyse de l'intégration de la politique de protection de l'environnement au sein de la politique agricole commune ».
Ray Mac Sharry était le commissaire européen en charge de l'agriculture


Source © C. Magdelaine / notre-planete.info

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